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Mustafa Chokhaï n’est pas un traître – Abdulvahap Kara

Le docteur en histoire et spécialiste de Chokhaï, Abdulvahap Kara, dans une interview accordée à la chaîne YouTube du portail « Histoire du Kazakhstan », a évoqué les accusations infondées portées contre Mustafa Chokhaï par l’Union soviétique. Comme le rapporte El.kz en se référant à e-history.kz, ces accusations relèvent de la propagande.

À l’époque soviétique, une vaste campagne de diffamation fut menée afin de présenter Mustafa Chokhaï comme un « monstre » aux yeux de son propre peuple. Les autorités affirmaient : « Mustafa Chokhaï a collaboré avec Hitler, c’est un traître. » En réalité, Mustafa Chokhaï n’avait aucun lien avec Hitler. Au contraire, il comprenait parfaitement qui était Hitler et ce qu’était le nazisme, souvent mieux que de nombreux intellectuels de l’époque. Vivant en Europe depuis 1921, il avait été témoin de l’ascension des nazis dans les années 1930, connaissait leur idéologie et savait qu’elle n’apporterait rien de bon ni au Kazakhstan, ni au Turkestan, explique le chercheur.

Refuser le “Légion du Turkestan” – un acte héroïque qui équivaut à la mort

L’Allemagne nazie, cherchant à exploiter les peuples turciques à ses propres fins, lança le projet de la « Légion du Turkestan ». Les Allemands proposèrent d’en confier la direction à Mustafa Chokhaï. Mais il rejeta catégoriquement cette offre.

Après l’occupation de la France, Hitler fit arrêter Mustafa Chokhaï et le transféra dans des camps. À cette époque, le projet de la Légion n’en était qu’à ses débuts. Les Allemands lui proposèrent de devenir commandant en chef du légion. Mais il refusa fermement : « Je ne travaillerai pas avec vous. Libérez-moi. Je veux rentrer chez moi », déclara-t-il. Les Allemands finirent par le relâcher, raconte Kara.

Selon l’historien, certaines théories suggèrent qu’il n’a pas été libéré simplement : il pourrait avoir été empoisonné. Il prévoyait de retourner en France depuis le camp de Czestochowa, près de l’Ukraine.

Un symbole de vérité et de courage

Mustafa Chokhaï mourut soudainement sur la route de Berlin. Il fut un homme qui s’opposa au nazisme et refusa de collaborer avec les autorités allemandes. Bien que la propagande soviétique ait tenté de le présenter comme un traître, il était en réalité un héros ayant sacrifié sa vie pour la liberté de son peuple.

En refusant de coopérer avec les nazis, Mustafa Chokhaï a risqué sa vie. Il connaissait parfaitement la nature perfide du fascisme. Pourtant, l’Union soviétique le calomnia gravement. Selon Abdulvahap Kara, le régime soviétique lança l’une des plus grandes campagnes de diffamation de l’histoire contre Mustafa Chokhaï. « S’il existait un concours de calomnie, l’Union soviétique décrocherait la première place pour ce qu’elle a inventé sur Chokhaï », dit-il.

Il faut également rappeler qu’à cette époque, dire “non” aux Allemands était extrêmement dangereux. Mais Mustafa Chokhaï ne craignait pas la mort. Il parla avec courage — pour son peuple, pour son indépendance, pour son avenir. C’est pourquoi Mustafa Chokhaï n’est pas un traître, mais un grand héros, souligne Kara.

Mustafa Chokhaï n’est pas seulement une figure historique : il est la conscience morale de sa nation, un symbole d’indépendance. Sa lutte contre le fascisme et le colonialisme constitue un exemple pour les générations futures. Il n’a jamais été un traître ; au contraire, il a sacrifié sa vie pour son peuple.

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